
J’HABITE EN BAS DE CHEZ VOUS
Le livre commence par le chapitre « La rue, plutôt que les coups » : le ton est donné.
Ensuite, flashback sur l’enfance ; d’abord placée en nourrice, Brigitte est récupérée ensuite par ses parents, et battue par sa mère : c’est l’enfant de la honte, une enfant non désirée.
Au décès de son père, elle quitte sa mère : « J’étais à la rue, pour la première fois. ». Elle est aidée par un ami de son père, et travaille, se reconstruit ; mais va rencontrer Marc, qui la trompe outrageusement, l’exploite, dilapide toutes ses économies et la bat…
« L’histoire se répète. J’ai 43 ans, je suis à la rue. Et cette fois-ci personne ne va venir me sauver ».
La rue, Brigitte va y vivre durant deux ans ; le statut d’S.D.F., elle va l’assumer avec courage, se battre obstinément, tout tenter pour s’en sortir : « la rue, comme l’alcool, mène à la solitude. » Les structures existantes ne pourront pas grand-chose pour elle et elle pose les questions : « les professionnels du social ne sont-ils pas résignés à ce que les femmes aussi crèvent dans la rue ?
Sont-ils blasés ou débordés à ce point ? Peut-être, mais alors c’être, mais alors c’est la France qui va vraiment mal… Ou bien c’est le système qui est pourri, et j’aimerais que l’on m’explique pourquoi. »
ET C’EST GRACE A DES ASSOCIATIFS, DES BENEVOLES, DES GENS COMME NOUS, QUE BRIGITTE S’EN EST SORTIE.
Ce livre « interpelle », car il est d’une brûlante actualité. De plus il est écrit de façon simple, directe ; jamais de dramatisation facile : les violons au placard ! On entre dans l’intimité d’une personne qui a un jour été happée par la rue, sans rien avoir fait pour ça.
Quand j’ai fini ce livre, je me suis rendue compte qu’en réalité je ne l’avais pas vraiment fini…
… D’une part, mon regard ne peut plus être le même sur les gens de la rue : « Il n’y a pas que des marginaux dans la rue, Il y a beaucoup de gens, à qui le ciel est tombé sur la tête. Devant un sans-abri, je m’arrête toujours, même si je ne peux rien lui donner. Je ne le rejette pas. Je ne le renie pas. Dire bonjour, serrer la main, ne pas hésiter à le regarder dans les yeux : c’est une forme de respect. »
… D’autre part, je suis restée, je reste avec une amie, Brigitte, une amie forçant l’admiration, qui n’a eu de cesse le souci de garder sa dignité dans cette descente aux enfers : refus catégorique de la saleté, de l’alcool, de la drogue… Quelle volonté de vivre libre !
Je voudrais lui confier la conclusion de ce petit article, qui est aussi la conclusion de son livre : ce sont je crois des mots qui nous touchent doublement :
« Je ne veux pas totalement oublier la rue. Le froid, la crasse, le mépris : ces mauvais souvenirs, ce seront mes warnings à moi. Ils me permettront à l’avenir de rester sur mes gardes. Ils m’empêcheront, je l’espère pour toujours, de faire le mauvais choix. Car je sais que ça peut encore m’arriver. Je sais d’expérience que l’on peut avoir des papiers en règle, un travail, des amis, une famille, et se retrouver à dormir dehors.
Je ne suis pas à l’abri.
Vous non plus ».
A Philippe, SDF, et Michel qui ont trouvé un peu de chaleur humaine auprès des associations.
J’habite en bas de chez vous
de Brigitte
Prix éditeur : 18.9 euros - Prix alapage.com : 17.95 euros
ISBN : 9782915056518
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Résumé du livre :
Brigitte est née dans le
Loir-et-Cher il y a quarante-cinq ans. Enfant non désiré d'une mère qui la place dès sa naissance chez une nourrice, elle retrouvera quelques années plus tard sa famille biologique, mais sera toujours l'enfant de trop. Elle passe un CAP de comptabilité de son club de gym. Bien vite ils s'installent ensemble et Brigitte tombe sous la coupe tyrannique d'un homme, son homme ; humiliations, coups, isolement, viols, tromperies. Brigitte part un soir, affolée, sans argent, sans vêtements de rechange, pour échapper à la violence de Marc. Et c'est la rue. A 43 ans. Elle y restera 2 ans. Elle n'a plus d'amis et ne trouve aucune aide. La rue devient son territoire. Au milieu de toutes celles et de tous ceux que l'on appelle les SDF, elle doit lutter contre le froid, contre la faim, contre les ravages de l'alcool et de la drogue. Il lui faut rester propre. Cacher sa féminité, s'enlaidir pour éviter la violence des autres hommes et des autres femmes, car la rue est violente. Avec un autre SDF, elle forme un drôle de couple, deux marginaux qui tentent de ne jamais sombrer tout à fait ; ils sont tour à tour rejetés ou aidés. Ils croisent des travailleurs sociaux, des policiers formidables, d'autres cruels, et bien sûr d'autres SDF, bons ou mauvais. Jusqu'à son retour à la vie.Résumé du livre :
Brigitte est née dans le
La critique EVENE.fr
Début 2007, un sondage révèle que plus d’un Français sur trois redoute finir SDF du jour au lendemain. Ancré dans l’actualité, ‘J’habite en bas de chez vous’ va au-delà du témoignage bouleversant. Loin d’être racoleur, le livre raconte la réalité brute de ces milliers de personnes que l’on croise tous les jours sans voir dans le métro, sur les escaliers, devant les boutiques chic, au coin de l’immeuble. Au début on tourne les premières pages un peu gêné, mais très vite on veut savoir, on veut comprendre les causes et les effets de cette condition. Ecrit dans un style simple et sans concessions, Brigitte, ex Sans Domicile Fixe, raconte sa descente aux enfers. Bien sûr, il y a déjà un terreau favorable : enfance malheureuse, manque d’amour, compagnon violent. Là, Brigitte raconte en détail sa condition de femme SDF. La crasse, la faim, l’absence de sommeil, le dégoût de soi, l’insécurité, les assistantes sociales parfois formidables, parfois exécrables, le monde de la rue où règne la loi du plus fort. Bien sûr, on pourrait dire “Oh ! mais il y a notre système social avec ses aides qui est un des meilleurs du monde !” et se retourner au chaud, sous sa couette, l’esprit tranquille. Mais Brigitte fait tomber toutes nos illusions de brave citoyen en décortiquant son combat pour retrouver un emploi, un logement, sachant que l’auteur a eu la force de ne sombrer ni dans l’alcoolisme ni dans la drogue, et de s’apercevoir que s’en sortir est très loin d’être simple. ‘J’habite en bas de chez vous’, c’est aussi aller à la rencontre de ceux que l’on évite, par politique de l’autruche ou par pudeur, et de savoir ce qui se passe dans leur tête quand nous défilons habillés, chaussés, ventre et vie sociale bien remplis. C’est apprendre aussi qu’un sourire, un brin de causette peuvent changer leur journée, pas seulement la pièce que l’on jette. On referme le livre marqué par les mots de Brigitte mais dubitatifs sur l’efficacité de notre système social.
Marie-Pierre Créon
L’AVIS DES LECTEURS :
Avis de Magalila :
C'est ma fille âgée d'à peine 17 ans qui m'a fait connaître ce livre et je l'en remercie. Le témoignage de Brigitte est poignant. J'ai été bouleversée par sa vie, par tout ce qu'elle a enduré sans jamais baisser les bras. C'est une grande leçon de courage qu'elle nous donne. On ne sort pas indemne d'une lecture comme celle-ci.
LA REVUE DE PRESSE :
20 Minutes - L.L. (31 janvier 2007)
Ce témoignage bouleversant est à lire absolument. Mais attention : vous n'en sortirez pas indemne, vous ne pourrez plus passer devant un
Le Parisien - Vincent Mongaillard (24 Janvier 2007)
Brigitte est 'tombée dans la rue en un quart d'heure'. Elle a mis deux ans pour en sortir. Elle veut être aujourd'hui la voix des 22.000 silencieuses de l'Hexagone : 'Tout est pire, dit-elle, quand on est une femme dans la rue.'
Les extraits de "J’habite en bas de chez vous" :
La première phrase :
Si je ne pars pas tout de suite, c'en sera fini de moi.
Morceau choisi :
Une cabine téléphonique, plantée au beau milieu d'une rue commerçante. Les voitures klaxonnent, coincées dans l'embouteillage de la fin de journée. Je pianote le numéro de Guillaume. - Allô ? C'est moi, c'est Brigitte ; - Mais où es-tu ? Ça fait quinze jours que je passe devant chez toi, les volets sont fermés... Je suis à Marseille. J'ai quitté Paris pour repartir de zéro. Je n'ai plus de passé. Que Guillaume ne s'inquiète pas s'il [... ]
- chapitre : Paris-Marseille - page : 55 - éditeur : OH ! - date d'édition : 2007 -
A lire absolument, un livre très touchant, une belle leçon de vie, et un beau témoignage.
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